Au Sénégal, le coronavirus réduit la fête de l'indépendance à peau de chagrin

Le 60e anniversaire de l’indépendance du pays, ce 4 avril, est organisé dans le contexte de la lutte contre le coronavirus : les festivités prévues ont été annulées et la célébration sera réduite au strict minimum.

Pas de traditionnel défilé militaire… Cette année, la fête nationale sera réduite à une « prise d’armes », prévue ce samedi matin, à 10 heures, dans la cour d’honneur du palais présidentiel à Dakar. Elle sera suivie de l’hymne national. Cérémonie sobre, en présence du ministre des forces armées, et des autorités militaires.

 

Le thème retenu pour cette année, avant le début de la crise du coronavirus, était prémonitoire : « Le rôle des forces de défense et de sécurité dans la gestion des pandémies et autres catastrophes ». Le chef de l’État a demandé au ministre de la Communication de veiller « à la transmission dans les médias des missions, actions et réalisations » des différents corps de l’armée tout au long de cette journée.

 

Dès son discours du 14 mars, et les premières mesures face au Covid-19 (notamment l’interdiction des rassemblements), Macky Sall avait annoncé l’annulation des festivités. À défaut, la présidence a appelé sur Twitter les Sénégalais à « se filmer », et à envoyer leurs « messages de bons vœux pour célébrer la fête nationale ».

 

C'est le jour où la nation se retrouve et réfléchit sur son existence, sa solidarité, ses peines et ses joies. Cette fête de l'indépendance réunit tous les Sénégalais autour de l'essentiel et de leurs espoirs

 

 

 

 

Comment cette page d’histoire fondamentale est-elle transmise aux jeunes générations aujourd’hui ? Quelle place a-t-elle dans les enseignements au collège et lycée ?

 

Alioune Ndiaye a enseigné l’histoire-géographie pendant 23 ans, et il a participé à la dernière révision des programmes en 2004. Pour lui, l’histoire de la marche vers l’indépendance du Sénégal est en bonne place dans les enseignements : « en troisième, c'est intitulé "le Sénégal, la vie politique de 1944 à 1962. Cette problématique des colonisations est très approfondies en classe de terminale. La dernière révision des programmes a réellement consacré un recentrage des programmes sur l'histoire du Sénégal des origines à l'indépendance. Donc c'est une option claire, pédogagique et même politique », dit-il.

 

Une problématique abordée aussi dans les cours d’éducation civique. Djiguatte Amédé Bassène est professeur d’histoire au lycée. Est-ce que ses élèves s’y intéssent ? « Oui, répond-t-il, pour deux raisons. La première, c'est que ce sont des cours qui sont dispensés en classe d'examen. Deuxièmement, parce qu'ils veulent comprendre le processus qui a conduit leur pays vers l'indépendance.

 

Pour Moustapha Sène, secrétaire général de l’association sénégalaise des professeurs d’histoire et de géographie, des figures de l’époque coloniale mériteraient d’être mises en valeur : « Le combat de certains comme Lamine Gueye, comme Blaise Diagne, a consisté à revendiquer un certains nombre de droits politiques. Ce sont des pionniers de l'indépendance que nous ne devons pas oublier. »

 

Pour lui en tout cas, les ressources - textes, photos, discours de l’époque - sont disponibles, notamment en numérique, pour permettre aux jeunes générations de connaître cette page d’histoire.