Discours d'ouverture de campagne de Cellou Dalein Diallo: "Dès mon premier mandat…"

Cellou Dalein Diallo,candidat a l'election presidentielle du 18 octobre prochain,vient de prononcer son discours d'ouverture de campagne. L'ancien premier ministre a décliné les grands chantiers auxquels il s'attèlera s'il est élu au soir du 18 octobre. Réconciliation, infrastructures, loyer, emplois, réformes de l'armée, transformation de l'économie… le leader de l'UFDG qui a lancé sa campagne sous le slogan "unir et servir", promet une rupture totale et une nette amélioration des conditions de vie des guinéens dès 2025. Cellou Dalein Diallo, a également fait un clin d'œil au FNDC.

ELECTION PRESIDENTIELLE 2020
DISCOURS D’OUVERTURE DE CAMPAGNE DE CELLOU DALEIN DIALLO
Guinéennes,
Guinéens,
Mes chers compatriotes,
A l’occasion du 62ème anniversaire de notre indépendance qui coïncide avec un moment si crucial de l’histoire de notre Nation, je souhaite rendre hommage au peuple de Guinée et saluer les pères de l’indépendance dont le courage et la vision ont permis de libérer notre pays et d’accélérer le processus de décolonisation de notre continent.
Mes chers compatriotes,
L’élection présidentielle, acte majeur de notre République, n’a pas tenu ses promesses tant en 2010 qu’en 2015. Après les déceptions et la vie douloureuse de notre peuple au cours de la décennie écoulée, le scrutin du 18 octobre 2020 doit être une étape de délivrance et d’espoir. Son enjeu doit dépasser l’affrontement des ambitions. Son enjeu doit être la Guinée, son présent et son avenir.
C’est dans cette perspective que mon Parti, l’Union des Forces Démocratiques de Guinée, m’a de nouveau fait confiance en choisissant ma personne pour porter sa volonté et son espérance en vue de prendre en main, le 18 octobre prochain, le destin de notre pays. Je voudrais que cette confiance soit aussi celle de toute notre Nation pour qu’ensemble, au lendemain de cette échéance, nous construisions la Guinée que nous appelons de tous nos vœux, une Guinée unie et prospère.
Mes chers compatriotes,
Avoir l’ambition d’être utile et se mettre au service des Guinéens, de tous les Guinéens, tel est le sens que je donne à mon engagement politique. C’est ce qui me motive à vouloir exercer la fonction de Président de la République. Oui, je suis candidat à cette exigeante fonction de Président de la République pour l’ambition que je porte pour notre Nation et parce que je suis convaincu, au fond de moi-même, que je suis bien préparé pour l’assumer avec humilité et lucidité mais aussi avec probité et exemplarité.
Mes chers compatriotes,
Notre Nation est plongée dans un cycle de violence d’État qui nous endeuille depuis une décennie maintenant. Les crimes d’État commis sous l’actuel régime et l’instrumentalisation de la différence ethnique qui a caractérisé cette gouvernance, constituent un véritable obstacle à l’unité nationale et à la cohésion sociale.
Sur cette question fondamentale, nous ne pouvons pas continuer à faire la politique de l’autruche. Là encore, Monsieur Alpha Condé, alors candidat, avait promis de nous unir, de nous réconcilier s’il devenait Président. Après son accession à la magistrature suprême de notre pays, il s’est à contrario attelé à diviser davantage les Guinéens à des fins politiciennes.
Jamais en effet la Guinée, notre pays, n’a été aussi divisée que sous ce régime sans foi ni loi. C’est pourquoi, je ferai de la réconciliation des Guinéens l’une des principales priorités de mon premier mandat. Dans les six premiers mois, je mettrai en œuvre les recommandations pertinentes de la Commission provisoire de réflexion sur la réconciliation nationale dirigée par El Hadj Mamadou Saliou Camara, l'imam de la grande mosquée Fayçal, et Monseigneur Vincent Coulibaly, l'archevêque de Conakry. Cet important document, auquel le gouvernement n’a malheureusement donné aucune suite, contient tous les éléments permettant d’assurer aux victimes des violences d’État le droit à la vérité, le droit à la justice, le droit à la réparation et les garanties de non répétition.
Il ne s’agira pas d’une vengeance, parce que la vengeance crée de nouvelles injustices qui, elles-mêmes, appelleront à être vengées. Il ne s’agira pas non plus d’une chasse aux sorcières. Il s’agira de vérité, de pardon, d’acceptation.
Mes chers compatriotes,
Les efforts pour la réconciliation nationale seraient vains si nous ne trouvions pas des solutions aux facteurs de fragilisation de notre vivre ensemble. J’ai donc décidé, dès ma prise de fonction, de lancer un vaste plan de réformes structurelles de nos forces de défense et de sécurité. Nos forces de défense et de sécurité sont souvent perçues comme des symboles de la violence d’État, non pas parce que nos compatriotes qui sont dans ces corps armés soient des criminels, mais parce qu’ils reçoivent des ordres criminels des autorités politiques qui, pour se protéger, leur garantissent l’impunité. Là encore, Monsieur Alpha Condé avait promis de faire une réforme sérieuse des forces de l’ordre à l’effet de garantir le respect des droits humains et des libertés fondamentales. Mais force est de constater qu’il a plutôt préféré en faire un instrument au service de sa dictature.
Nous instaurerons une nouvelle doctrine en matière de maintien d’ordre qui donnera la priorité à la protection de la vie humaine. Aucune bavure ne sera tolérée. Nous avons besoin de forces de défense et de sécurité républicaines et entièrement dévouées à la défense de l’intégrité territoriale et à la protection des populations.
Mes chers compatriotes,
La paix et la quiétude sociales ne sont que des vœux pieux sans une véritable justice. Je m’emploierai à mener une réforme ambitieuse de notre système judiciaire afin de lui redonner toutes ses lettres de noblesse. C’est pourquoi je veillerai à ce que l’institution judiciaire soit indépendante et impartiale et qu’elle puisse constituer un recours sûr pour les citoyens, les investisseurs et les entreprises.
Mes chers compatriotes,
L’un des facteurs de notre désunion face aux nombreux défis auxquels nous sommes confrontés est l’exclusion. En tant que Président, je veillerai sans cesse à ce qu’aucun Guinéen ne soit laissé sur le bas-côté du chemin que je vous invite à parcourir ensemble. Je ferai de l’égalité des droits et des chances l’une de mes priorités. Je souhaite que tous les Guinéens aient accès, en toute liberté et dans les mêmes conditions, aux différents services publics.
La politisation à outrance de l’administration publique conduit à la violation du principe de l’égalité des chances et à la détérioration de la qualité du service public. Je serai particulièrement intolérant à l’égard de toutes les formes de corruption et de discrimination qui gangrènent notre administration et réduisent son efficacité.
Mes chers compatriotes,
Le chômage endémique et l’absence de perspectives pour les jeunes en font une proie facile de l’immigration clandestine et parfois, hélas, de la délinquance. Chaque année, des centaines de jeunes meurent dans le désert ou dans la méditerranée en tentant d’aller trouver le bonheur ailleurs. Et notre pays est le deuxième pays d’origine des demandeurs d’asile en Europe, juste derrière l’Afghanistan qui est un pays en guerre depuis des décennies. C’est pourquoi la création d’emplois, notamment pour les jeunes, sera au cœur de ma politique.
L’amélioration du climat des affaires, le soutien aux PME et à l’industrialisation, la transformation en produits finis ou semi-finis des matières premières que nous exportons, notamment la bauxite, la création par l’État de mécanismes l’accompagnement des porteurs de projets contribueront à résorber largement le chômage. Le tout dans le respect des normes environnementales et sociales.
Mes chers compatriotes,
Un grand nombre de guinéens se trouve dans une situation de pauvreté extrême. De nombreuses familles n’ont pas les moyens de se nourrir convenablement, de se loger décemment et de se soigner dignement. Nous avons l’obligation d’offrir, à cette frange importante de nos concitoyens, les moyens de vivre en toute dignité. Je souhaite donc œuvrer à la construction d’un véritable système de sécurité sociale axé sur un modèle progressif et viable.
Je souhaite également mener une grande réforme visant à améliorer significativement notre système de retraite afin que nos anciens travailleurs continuent à vivre dignement après leur carrière. L’approche de la retraite constitue aujourd’hui une source d’anxiété extrême pour nos travailleurs, tous secteurs confondus, qui préfèrent parfois user de tous les stratagèmes possibles pour continuer à travailler, au détriment de leur propre santé.
Nous devons donc changer la perception de la retraite dans notre pays. La retraite est, par définition, un moment de repos, de récompense après une longue carrière. La réforme de notre système de retraite aura pour dessein de revaloriser les pensions en perfectionnant le mécanisme de solidarité intergénérationnelle.
Mes chers compatriotes,
Dans notre pays, la question du handicap est absente du débat public. La réponse qu’on y apporte est précaire, archaïque et parfois déshumanisante. Nos concitoyens handicapés doivent aussi trouver toute leur place au sein de notre société. C’est pourquoi, nous proposerons des soins et des programmes de formations adaptés aux différents handicaps.
En outre, je ferai de la problématique du logement l’un des défis majeurs de mon mandat. Nous allons construire, en partenariat avec des promoteurs immobiliers et des établissements financiers, des logements sociaux adaptés aux revenus de nos concitoyens. Pour tous les fonctionnaires, l’Etat garantira les prêts immobiliers auprès des banques.
 

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