Edito Covid-19 : la Guinée en mode test…

Je vais le faire ou je ne le fais pas ? Un jour, c’est oui, j’y vais. Le lendemain c’est non, pas possible. Je ne peux pas le faire. Ce serait comme aller sur la chaise électrique, à la guillotine, devant le peloton d’exécution. Quelle terrible sentence que de s’entendre dire : « Oui, vous l’avez, on vous a testé, vous êtes positif » … Le coronavirus fait peur. On a peur d’aller dans un de ces centres où toute votre vie va se jouer. Et si en plus ils manquent de professionnalisme et de sérieux, si en plus on ne peut pas compter sur eux pour nous donner des résultats indiscutables et incontestables en un temps raisonnable, on est droit de dire : « je m’en moque d’y aller ? » Mais on sait quand même que l’on doit le faire de toute façon, inutile de tergiverser, il faut se faire tester.  Alors je l’imagine ce patron de presse qui, un jour de grand courage ou de forte déprime, se dit de ne plus rien se dire du tout de foncer, tête baissée. Ou bien devant quelques symptômes étranges que présente son corps, il décide qu’après tout, il peut jouer sa chance comme on joue au jeu, à pile ou face…Bref il s’est décidé ou on l’y a envoyé, et le voilà qui se fait tester.  Quelle leçon! Comment peut-on si facilement oublier que, dès le début, notre vie, si solide et paradoxalement si fragile, abrite sa propre finalité. Que tout n’est qu’éphémère, temporaire. Si le corps abrite la vie, il abrite aussi la mort. Nous sommes tous en sursis. Les accidents, la maladie sont des impondérables qui jalonnent notre quotidien et nous rappellent crûment l’inéluctable.

Daouda Yansane