Mort de l’artiste camerounais Manu Dibango des suites du coronavirus

Manu Dibango était né au Cameroun en 1933. C'est dans la chorale du temple, où sa mère est professeur, qu'il s'initie au chant, tandis que le gramophone parental lui fait découvrir les musiques françaises, américaines et cubaines, importées par les marins débarquant dans le port de Douala. Il a 15 ans quand son père l'envoie étudier en France, trois semaines de bateau pour arriver jusqu'au port de Marseille avec, comme il le raconte dans sa biographie, 3 kg de café dans son sac, une denrée rare dans la France de l'après-guerre, de quoi payer un mois de pension.

 

Inventeur avant l'heure de la world musique

 

Le jazz entre alors dans la vie de Manu Dibango il n'en sortira plus, le saxophone devient son instrument fétiche. Il rencontre le musicien Francis Bebey, Camerounais comme lui, forme un groupe, il se produit dans des clubs et rate son bac. Son père lui coupe les vivres. Direction la Belgique où son jazz s'africanise au contact de la communauté congolaise en pleine effervescence. Le Congo belge devient indépendant en 1960. Manu Dibango part pour Léopoldville, il dirige un club et lance le twist.

 

Au début des années 1960, son pays le Cameroun est en guerre civile, il rentre en France, il découvre le rythm and blues, des stars françaises de l'époque comme Dick Rivers ou Nino Ferrer l'engagent comme musicien. Dans les années 90, Manu Dibango enregistre un album de reprises des plus grands tubes africains Wakaafrika, un voyage de Dakar à Cape Town. Youssou N'Dour, Salif Keita, Angélique Kidjo, Peter Gabriel y participent. Suivront beaucoup d'autres albums pour cet inventeur avant l'heure de la world musique.