L'Agriculture Guinéenne

L’agriculture guinéenne dispose d’importants atouts qui offrent de nombreuses possibilités d’accélération de la croissance et de création d’emplois durables. Ce potentiel présente la capacité à la fois d’assurer l’autosuffisance alimentaire de la population, de dégager des revenus d’exportation importants, notamment par le biais des cultures de rente et d’ouvrir la voie à des investissements rentables et à forte valeur ajoutée.
Identifié comme un secteur de croissance prioritaire au même titre que ceux de l’énergie et des mines, l’agriculture a récemment amorcé une tendance à la diversification avec la relance de la culture du coton, et le développement de l’hévéa et des palmeraies.
Le Gouvernement a adopté depuis 2007 une Politique Nationale de Développement de l’Agriculture (PNDA). Son ambition est de développer, sur la base du Plan National d’Investissement Agricole et de Sécurité Alimentaire (PNIASA), une agriculture moderne, durable, productive, et compétitivesur les marchés intracommunautaires et internationaux.
Le secteur privé joue un rôle de premier plan pour l’atteinte de ces objectifs, notamment dans les domaines de l’approvisionnement, de la production, de la commercialisation et des offres de services agricoles.

L’agriculture est le principal secteur d’activité concernant près de 80% de la population guinéenne et la principale source de revenu pour 57% des ruraux.
La contribution de l’agriculture au produit intérieur brut (PIB) est estimée à environ 14,2% (en 2010). La riziculture est la principale spéculation vivrière, avec 67% des superficies emblavées, 65% des besoins céréaliers du pays, 37% de la population active, 80% des exploitants agricoles, 23% du PIB primaire et 6% du PIB national. De plus, le riz est le premier poste de dépense des ménages guinéens et représente en moyenne 20% de leur budget de consommation, suivi du maïs pour environ 12%. Ces produits sont suivis de l’arachide, des agrumes, du fonio, du mil/sorgho, du manioc et de la patate douce, entre 4% et 6% des dépenses ; la mangue et la banane constituent 1% à 3% des dépenses. Les autres produits représentent moins de 1% des dépenses de consommation des ménages.
De façon générale, les performances productives sont faibles dans l’agriculture vivrière. On estime qu’en moyenne, l’accroissement de la production végétale de 4,8% est plutôt le résultat de l’extension de 3,6% de la superficie cultivée. Les rendements à l’hectare sont faibles et demeurent nettement en dessous du niveau nécessaire pour faire de l’agriculture le principal moteur de développement économique du pays.
Par ailleurs, la Guinée exporte principalement le café, les fruits et légumes. Les recettes d’exportation agricole, qui représentent environ 11% des exportations du pays sont faibles et ne peuvent à l’état actuel servir d’alternative aux revenus provenant des exploitations minières afin d’améliorer la stabilité macroéconomique du pays. Le déficit des produits agricoles s’est creusé depuis 2004. Ainsi, en dépit des potentialités du pays en riziculture, la Guinée importe encore environ 35% de la consommation nationale de riz, alors qu’elle possède les capacités d’être un exportateur majeur de céréales.

Les Opportunités en Bref
La Guinée est subdivisée en quatre (4) zones naturelles, chacune présentant un potentiel agro-écologique différent.
1. La Guinée forestière
La promotion agricole porte sur les cultures de café, d’hévéa et de palmier à huile. Environ 200 000 ha sont cultivés. La production de café est passée de 1 000 tonnes en 1984 à 20 000 tonnes actuellement. La SOGUIPAH, un des acteurs majeurs dans la région, dispose de plus de 10 000 hectares pour l’ensemble des deux cultures en plus de projets de rizipisciculture qu’elle développe dans la région.
2. La Haute Guinée
Pays de savane, favorise la culture du coton. Son extension progressive permet aujourd’hui de produire plus de 30 000 tonnes/an. Actuellement, la filière coton est en cours de restructuration. La région dispose également d’immenses étendues de plaines rizicoles dans le bassin du Niger, l’un des plus importants d’Afrique.
3. La Guinée Maritime
La région qui regroupe de nombreuses variétés de cultures d’exportation. La filière ananas y est en pleine réhabilitation. La production des mangues, des avocats et des bananes progresse régulièrement. Au début des années 1960, la production bananière y avait atteint le chiffre record de 100 000 tonnes.
4. En Moyenne Guinée
La région de l’élevage par excellence, le Fouta Djalon de par son climat, est la région des produits maraîchers : tomates, oignons, aubergines, etc.
Depuis 12 ans, la culture de la pomme de terre y connaît un grand essor avec une production à la fois pour la consommation locale et l’exportation.