Edito : destruction massive de la nature au nom du progrès !

Nous autres, êtres humains, sommes la race la plus rapace qui soit. Non seulement nous proliférons à une vitesse bientôt comparable à celle de la reproduction des fourmis, des puces ou des poux, mais, ce faisant, nous empiétons sur l’espace vital des autres espèces, y compris végétales et minérales, qui peuplent la terre. Nous avons colonisé la planète.

Certains pensent qu’il est normal que la nature soit à notre service. C’est notre côté prédateur. D’autres pensent qu’au contraire il est de notre devoir de préserver l’environnement. C’est notre côté de bon samaritain. Alors, face à ce dilemme, on se gratte la tête et on se pose des questions : à quelle vitesse disparaissent toutes ces espèces ? Et d’ailleurs, combien il y en a-t-il ?  Quelles sont les conséquences pour l’homme de ces disparitions ? L’homme, toujours l’homme. Nombriliste, egocentrique, au centre de toutes les questions. Si l’homme veut sauver la nature, c’est avant tout pour lui-même. Aujourd’hui, il veut la comptabiliser. Façon, de savoir ce qui est rentable ou pas, ce qui peut être utilisable ou non…

La nature devient ainsi une librairie génétique où l’industrie pharmaceutique puise largement et nos pays du Sud n’hésite pas à monnayer. On dit que la nature est le patrimoine de l’humanité, mais c’est déjà vouloir se l’approprier que de la déclarer de cette façon. 

Après, il faut plus s’étonner qu’elle soit soumise à des enjeux économiques : notre civilisation moderne a la terrifiante tendance à tout broyer sur son passage. Au nom du développement, du progrès et de la très sainte monnaie, nous oublions une vérité essentielle : c’est nous qui sommes soumis aux lois de la nature, c’est nous qui lui appartenons et, tôt ou tard, elle nous le fera savoir. Aleste rouge pour la Guinée et sa mine !

Daouda Yansane