Edito : Que respecte-t-on en Guinée ?

Il ne faut pas se leurrer, se voiler la face ni se boucher les oreilles.

C’est de la Guinée qu’il s’agit, pays virtuellement riche dit-on, mais qui, par la faute de ses enfants occupe la traîne du classement mondial. La Guinée va devoir faire face dans les années à venir, à l’autocratie d’une minorité impitoyable sans foi ni loi. De toute façon, aucun président n’a respecté ce pays, du premier président Ahmed Sékou Touré à Alpha Condé.

Sékou avec son sacré discours devant les colons, tout le monde aspirait à vivre dans la liberté absolue. Mais hélas, Sékou et sa dynastie ont fait de la Guinée une ‘’chose Touré’’. Une réalité cruelle qui reste à jamais ancrée dans l’histoire contemporaine.

A sa suite Lansana Conté, un militaire dans l’âme. Ce dernier confondait liberté au libertinage. Il se croyait celui-là qui était venu pour redonner la liberté aux guinéens à travers sa politique économique intitulée ‘’le libéralisme’’. En fait, le pays a subi avec cet homme en tenue vingt-quatre ans de dictature sans partage ni vergogne. 

Puis capitaine Dadis Camara, celui qui prétendait ramasser le pouvoir dans la rue. Il n’aura fait qu’un court séjour à la tête de la Guinée après quelques mois de caprice.

Après tous ces Messieurs qui constituaient un chapitre de l’histoire des présidents d’une autre catégorie, toute la Guinée attendait un sauveur.

Alors Alpha Condé, celui qui s’est montré à l’œuvre comme ‘’l’incarnation de la malédiction de l’opposant politique’’, après deux mandatures sans changer le pays d’un iota de ses malheurs, ne compte pas lui non plus respecter ce pays. Il compte en effet, rester jusqu’en 2026 au pouvoir. 

Dans cette Guinée qui s’est façonnée depuis maintenant plus soixante ans ? On ne respecte pas l’honnêteté, on ne respecte pas la justice, on ne respecte pas la vérité, on ne respecte pas la volonté populaire. Ceux qui y ont cru se seraient-ils donc à ce point trompés ? N’y aurait-il que le règne du mensonge, du vol, de l’injustice et de la corruption ? 

Voilà la Guinée que nous avons reçue en héritage et que nous devons changer, révolutionner dans les moindres recoins des têtes.        

 

Daouda Yansane